Culture

Voici quelques lieux culturels que nous aimons particulièrement – tous à proximité.
Autour de Saint-Sauveur de Montagut – Une vallée textile
À Saint-Sauveur de Montagut, deux musées témoignent de l’histoire textile qui a fait vivre cette vallée. Le Musée Au Fil du Temps a récemment ouvert ses portes dans une ancienne usine de soierie qui a fermé en 1984. Classé Monument Historique, le site présente des machines en mouvement, un fonds d'archives et raconte l'histoire de l'industrie textile et des savoir-faire associés – du cocon de soie au fil. Il s'agit d'un moulinage du XIXe siècle qui témoigne du riche passé textile de la vallée de l'Eyrieux.
Terre Adélice – Le glacier artisan
À Saint-Sauveur de Montagut, Terre Adélice a été fondée en 1996 par deux couples. L'entreprise est aujourd'hui reconnue dans toute la France pour ses glaces et sorbets originaux.
Installée depuis 2007 dans un ancien moulinage de soie réhabilité, le site du Moulinon abrite à la fois l'atelier de production et un salon de dégustation.
Avec plus de 140 parfums – de la classique fraise à des créations plus osées comme l'ail noir, le roquefort ou la chicorée – Terre Adélice propose une gamme 100% bio, fabriquée à partir de fruits et ingrédients pour la plupart locaux. L'entreprise est également engagée dans une démarche environnementale : électricité 100% renouvelable, récupération de la chaleur des frigos pour chauffer les bureaux, et emballages éco-conçus.
Autour de Saint-Pierreville – La laine et la châtaigne
À Saint-Pierreville, deux lieux racontent l'histoire industrielle et paysanne du territoire. Ardelaine est une coopérative emblématique qui a relancé la filière lainière en Ardèche. Installée dans une ancienne filature, elle propose des visites guidées pour découvrir toutes les étapes de transformation de la laine, du tri au filage. Librairie, restaurant, café et espaces d'exposition complètent la visite – un lieu vivant et engagé.
Tout près, la Maison du Châtaigner vous invite à explorer l'histoire du "fruit" qui a tant façonné le paysage et la vie locale. Installée dans une demeure bourgeoise, elle présente des expositions permanentes sur la châtaigneraie, sa culture, ses usages et ses légendes. Dégustations et animations ponctuent l’été.
Moulinage de la Neuve – Le musée de la soie
Caché dans la vallée de la Glueyre, à Marcols-les-Eaux, 10 minutes après Saint Pierreville, le Moulinage de la Neuve est un lieu de mémoire. Cet ancien moulinage – un atelier où le fil de soie préparé pour le tissage – a été construit en 1860 et a fonctionné jusqu'en 1967. Puis les portes se sont fermées, et le temps s'est arrêté.
Lorsque l'association Moulins et Moulinages de la Glueyre l'a rouvert en 2002, tout était encore là : les machines, les bobines, la roue à eau, jusqu'à l'odeur d'une autre époque. Aujourd'hui, vous pouvez visiter cet écomusée et voir les machines s'animer lors de visites guidées – une occasion rare de comprendre le savoir-faire et le labeur qui ont fait de l'Ardèche un centre de l'industrie de la soie. Le site rend également hommage à Marie Giraud, sa dernière propriétaire, devenue la première femme maire de l'Ardèche et dont l'engagement dans la Résistance a marqué la mémoire locale.
Moulin de Mandy – du pain frais en bonus
Sur la route vers Privas, le Moulin de Mandy offre un aperçu de la vie rurale et de la puissance de l'eau. Ce moulin rend hommage au rôle essentiel qu'ont joué autrefois les moulins et l'énergie hydraulique en Ardèche. Les visites guidées vous font parcourir les salles des meules et des engrenages et le four à pain. En été, l'équipe du moulin fait chauffer l'ancien four à pain pour y cuire des pains traditionnels que vous pourrez déguster sur place ou emporter. Réservation nécessaire !
Musée du Vivarais Protestant – Une histoire de courage et de conscience
Dans une forêt de châtaigniers près de Pranles, ce musée occupe une belle ferme fortifiée du XVe siècle qui est classée monument historique. Il raconte l'histoire émouvante de la famille Durand – et celle des Huguenots du Vivarais qui ont résisté aux persécutions religieuses après la révocation de l'Édit de Nantes en 1685.
Vous y découvrirez la vie courageuse de Pierre Durand, pasteur pendu pour sa foi, et de sa sœur Marie Durand, emprisonnée 38 ans dans la tour de Constance. Le musée fait revivre leur histoire : documents d'époque, cachettes secrètes, lettres personnelles, et une inscription gravée dans une cheminée : "Loue Soy Deu" (Loué soit Dieu).
Le musée vous réserve un accueil chaleureux par des bénévoles passionnés.
Le Partage des Eaux – L'art contemporain sur la ligne de partage
A une petite heure de (très très belle) route de chez nous, vous rejoignez le plateau ou « La Montagne Ardéchoise ». Imaginez suivre la ligne même qui sépare les eaux qui s'écoulent vers l'Atlantique de celles qui vont vers la Méditerranée. La ligne invite à découvrir des œuvres d'art contemporain monumentales tout au long du chemin. C'est Le Partage des Eaux – un parcours artistique unique créé par le Parc Naturel Régional des Monts d'Ardèche, qui s'étend sur plus de 100 km le long du sentier de randonnée GR7.
Huit œuvres uniques et plusieurs Mires paysagères d'artistes renommés – dont Gilles Clément, Felice Varini, Gloria Friedmann et Stéphane Thidet – sont nichées dans des sites spectaculaires : les ruines de l'abbaye de Mazan, les sucs volcaniques près du Mont Gerbier-de-Jonc, la Chartreuse de Bonnefoy et le Moure de l'Abéouradou. Chaque œuvre entre en dialogue avec son environnement – géologie, histoire, lumière et silence.
Que vous visitiez une seule œuvre lors d'une promenade ou que vous randonniez sur l'ensemble de la ligne de partage, c'est un art vécu comme expérience, comme rencontre. L'accès est gratuit toute l'année. Pour une immersion plus profonde, vous pouvez contacter les Passeurs du Partage des eaux – des guides locaux formés par le Parc pour révéler les secrets du parcours.
Ferme de Bourlatier – Une ferme au cœur du plateau ardéchois
À 1380 mètres d'altitude, à trois kilomètres du Mont Gerbier-de-Jonc et les sources de la Loire, la Ferme de Bourlatier se dresse comme une forteresse au milieu des vastes paysages du plateau ardéchois. L’ancienne ferme seigneuriale du XVIIe siècle, construite en pierre volcanique est énorme : 50 mètres de long, 12 mètres de large, et une toiture de 900 m² recouverte de 150 tonnes de lauzes de phonolithes.
À l'intérieur, on découvre une charpente monumentale en forme de vaisseau renversé qui surplombe la grange à foin de 500 m², véritable "cathédrale" qui occupait les deux tiers du volume. Au rez-de-chaussée se succèdent l'étable, la bergerie, la cave, la soue et la modeste habitation – témoignant du savoir-faire des paysans de montagne qui ont fait vivre cette exploitation autonome jusqu'aux années 1950.
La ferme était sauvée de la ruine dans les années 1980 grâce à une association et restaurée avec le soutien du Département de l'Ardèche. Elle est aujourd'hui un lieu de mémoire et de culture. Elle accueille chaque année des expositions temporaires – art contemporain, patrimoine, paysages. Une sculpture de Maxime Descombin, Flore Faune Minéral, installée devant la ferme, dialogue avec le paysage grandiose.

